dimanche 10 juillet 2011

Matin d'été


La nuit a été fraîche. Les ombres de la forêt se sont dissipées dans une brume matinale, chassées poliment par un soleil de juillet qui s'impose.

Café fraîchement moulu qui répand son arôme en contrepoint avec le parfum de la nature qui s'éveille, en filigrane avec le chant des oiseaux...

Bruissement léger des feuilles qui oscillent timidement dans la lumière naissante, souffle d'air qui s'invite par la porte entrouverte...Un rayon de lumière s'infiltre, éclaboussant deux coupes de vin abandonnées la veille sur la table, souvenirs d'une conversation nocturne...

Dans quelques heures ce sera le zénith, la chaleur reprendra ses droits, la maison bourdonnera d'activité.

Instant de bonheur dominical saisi à l'aube d'un matin d'été...

Bon dimanche!

vendredi 8 juillet 2011

Responsabilité...

Dans le débat d’idée (et d’émotions…) très vif qui entoure le verdict de non-responsabilité criminelle de Guy Turcotte, je remarque deux tendances : l’une composée d’individus qui diabolisent les jurés et le système judiciaire en général, et l’autre de gens qui respectent le jury qui a « fait son travail à la lumière des preuves et des faits présentés. »

Je n’étais pas présent au procès.

Je ne suis pas un spécialiste du droit ni un expert en santé mentaie.

Je ne connais pas tous les faits.

Mais je ne comprends pas le verdict.

Je peux certainement comprendre qu’il ait été dicté par des faits, mais aussi par des opinions (très polarisées…) d’experts en santé mentale, et aussi par une façon certainement très habile par la défense de présenter des faits. Les plus grands avocats sont d’habiles vendeurs et manipulateurs de foules, et leur habileté à manier le verbe peut influencer un jury à voir blanc, ou à voir noir. Presque tout est dans la dialectique.

…Rien n’est tout blanc ou tout noir, et il y a toujours des zones pouvant porter à interprétation, comme dans le cas de la maladie mentale. Ce que je m’explique mal, c’est l’élasticité de la notion de responsabilité.

Un conducteur en état d’ébriété qui tue quelqu’un est-il responsable du fait que son système nerveux ne répondait pas adéquatement au moment du drame?

Oui.

Un adulte surveille un enfant près d’une piscine, a une distraction et l’enfant se noie. Est-il responsable?

Oui.

Cet homme qui a tué ses deux enfants est-il responsable? Je le pense. Responsable de leur mort, parce que responsable de n'avoir pas su endiguer l’enchaînement des événements qui ont mené à ce drame. Oui, quelque chose a basculé dans le cerveau de cet homme. C’est indéniable. Mais cela n'enlève rien à la notion de responsabilité.

Je termine ce billet en citant Isabelle Gaston :

« …les adultes n'ont pas de droit de vie ou de mort sur les enfants. Ils n'ont pas le droit à une quelconque violence. Et ce, peu importe les conflits et les tourments qu'ils pourraient eux-mêmes avoir dans leur vie. »

samedi 21 mai 2011

Dorice Simon


Hier soir, j'assistais au spectacle de l'humoriste Dorice Simon à l'Astral.

Dorice, je la connais un peu, c'est mon amie.

Dorice est un être à part. Sa pureté déconcerte, sa drôlerie ravit. Oscillant toujours entre comédie et tragédie, toutes les angoisses deviennent lumière...

...Parce que Dorice arrive à transcender toutes les complexités et toutes les contradictions qui semblent l'assaillir de toutes parts.

...Parce que Dorice est une survivante. Capable d'exposer sa fragilité en contrepoint avec sa rage de vivre.

...Parce que Dorice, c'est un condensé d'humanité et de générosité, c'est le rire à travers les larmes, l'espoir et l'émotion dans un monde dominé par la froideur et le mercantilisme.

Dorice, c'est un coin de ciel bleu, une oasis rassurante.

La voir sur scène, c'est se donner une chance de croire que la vie, ça peut être beau. Envers et contre tout.

Merci Dorice.

mercredi 11 mai 2011

Hommage aux jeunes musiciens de l'avenir...


Au fil des semaines (et ce n'est pas terminé...), j'ai eu la chance d'entendre quelques centaines de jeunes musiciens à travers le Canada par le biais de concours et festivals régionaux et provinciaux, de Vancouver à Toronto, en passant par Niagara, Stratford...

Je rends hommage à tous ces jeunes musiciens, qui sont le moteur de notre avenir culturel.

L'heure semble à la morosité et au défaitisme, on entend (à juste titre!!) chialer contre les coupures (injustes et injustifiées!!) dans la culture...Oui la lutte est difficile...Mais aujourd'hui j'ai envie de dire qu'il y a espoir en notre avenir culturel, parce que je côtoie des jeunes passionnés, passionnants, mordus de musique et ouverts à la connaissance et à l'excellence. Quand je reçois un courriel enthousiaste d'un jeune qui me dit "Thank you, your suggestion works'....ça fait ma journée! On passe le flambeau...

Non, ce n'est pas vrai que les jeunes ne font que pitonner sur leurs ordis et leurs téléphones...La somme de travail investie dans leur musique est titanesque, comparable en tout point à un entraînement olympique...

Non, l'avenir n'est pas sombre.





lundi 9 mai 2011

Nocturne opus 33 de Samuel Barber


Quoi de mieux que la nuit pour vous parler de Nocturnes.

En cette nuit de printemps, c'est dans le confort douillet de ma maison que j'écris ce court billet avant que le sommeil ne me rattrape....

Le Nocturne opus 33 de Samauel Barber, écrit en 1959, se veut un hommage à John Field, compositeur et pianiste irlandais qui serait l'"inventeur" (...) du Nocturne (en tout cas l'un des premiers à en composer, les publier et les interpréter, ce qui n'est pas rien). LeNocturne de Barber se rapproche cependant davantage de l’esprit romantique d’un Nocturne de Chopin, à travers une écriture très riche et d’une grande intensité d’expression. Le début du Barber rappelle d'ailleurs l'introduction du Nocturne opus 27 no 1 (do dièse mineur) de Chopin. Il présente un contour mélodique ample et souple, sur un accompagnement suivant un chemin de modulations surprenantes, mais jamais choquantes.

Voici ma version du Nocturne opus 33 de Samuel Barber.


samedi 1 janvier 2011



Réveil sur un Jour de l'An brumeux. Café fort qui booste mes neurones au lendemain d'un réveillon à la coda douteuse. Le souvenir d'une baignade nocturne. La présence rassurante de l'être aimé à deux pas de moi. Les lumières de Noël qui semblent décalées sous une bruine qui suggère novembre. Une journée qui commence en fa mineur, comme un Prélude et Fugue de Bach. Un clavardage, un autre café.

Le bonheur d'être envie, tout simplement.

Biuenvenue 2011.


mercredi 3 février 2010

Renouer les fils...



Elle appartenait à une autre vie. Je l'ai vue à la fin d'un concert. Vive, sensible, aimante, telle que je l'avais connue. Le dernier sourire, la dernière fête, c'était quelques mois avant que l'Occident ne bascule dans la folie terroriste.

Accolade chaleureuse, qui parle de tout ce qui n'a pas été dit. Yeux qui se croisent et qui évoquent tout ce qui a été tu pendant presque dix ans.

Dix ans. Le temps d'une guerre, heurtant dans son sillage familles et amis proches. Aveuglément.

Mais surtout le temps d'une paix chèrement acquise et jalousement préservée.

L'amie retrouvée, dans le décor d'une vie reconstruite, douce, paisible. Un cadeau de la vie.

C'est simple la vie, et c'est beau.