
Entre les Préludes de Debussy et quelques-unes des Variations Goldberg que je travaille (plutôt tièdement il faut dire) ces temps-ci (un peu de vacances, quand même, et la cueillette des framboises ne peut pas vraiment attendre), il m'arrive de m'épivarder (comme l'aurait dit ma mère) et de tenter quelques incursions dans le domaine de l'improvisation. Pour le classicaly trained nerd que je suis depuis maintenant plus de quarante-cinq ans (aïe aïe aïe), j'avoue que cette expérience me plaît beaucoup, malgré des débuts quelque peu cahotiques. D'abord furtivement, timidement, je tente quelques accords, que je m'empresse de passer à la moulinette de mon implacable jugement de pianiste et pédagogue aguerri...(ça n'a pas de substance, c'est n'importe quoi, tu imites qui là? ça déjà été fait, et cent fois mieux que tu ne peux le faire,) et autres joyeusetés aussi encourageantes et positives.
Bon.
Je passe le cap de l'auto flagellation et...je commence à y prendre plaisir. Je laisse aller mes doigts, je ferme les yeux (de toute façon je joue toujours les yeux fermés) et mon cerveau déclare miraculeusement forfait pour simplement...être, exister, faire de la musique, vivre le moment présent...Surmonter les barrières inventées, me surprendre moi-même et emprunter des chemins moins fréquentés...Ne pas tout prévoir...J'aime assez l'expérience pour que naisse le désir de recommencer...
Pour venir à bout de l’auto-jugement, c’est incontournable !