
Samedi dernier j'assistais à la grande finale du Festival International de la Chanson de Granby. Simple auditeur, j'ai malgré moi revêtu mon "habit de juge", et joué le jeu d'établir mes propres choix artistiques, déformation professionnelle oblige.
Bien que non dépourvus de talent, les quatre candidats (Chloé Lacasse, Guillaume Gagnon, Violett PI et le groupe Casabon) m'ont laissé sur mon appétit. J'attendais davantage de cette finale: plus d'originalité dans le style musical et les textes, des idées mieux développées, une préparation plus rigoureuse, une direction artistique plus cohérente et des prestations mieux rodées. Les jeunes aspirants chanteurs ont beaucoup à dire, mais il manquait une dimension essentielle: la passion et l'engagement, qui se cultivent avant tout dans la rigueur extrême. Et cela n'était pas au rendez-vous.
La prestation la plus convaincante était certainement celle de Guillaume Gagnon, qui s'est d'ailleurs mérité le grand prix du Festival. Mariant avantageusement pop et folk (et un humour pince-sans-rire assez craquant, il faut le dire), il a immédiatement conquis son public par une approche sobre et sans artifices.
Le moment le plus fort et le plus émouvant de cette soirée: deux prestations de la chanteuse Lynn Jodoin, (Lauréate du prix du public au Festival de la chanson de Granby en 1996) glissées entre deux candidats, et livrées avec une grande générosité et beaucoup d'émotion.
Une soirée divertissante certes, mais sans grand éclat.